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Canal 13 : les nouvelles de demain

Pour Canal 13, Francis Auger-Pagé m’a invité à incarner Gérald, un présentateur de nouvelles qui a quelque chose de franchement particulier. Le film, écrit par Emmanuel Degryse, a été créé pour l’édition 2022-2023 du Nikon Film Festival, dont le thème était le nombre 13.

Le défi était simple sur papier : raconter une histoire complète en à peine 2 minutes 20. En pratique, ça demandait une idée forte, un ton immédiatement reconnaissable et une équipe capable d’aller droit au but. C’est exactement ce qui m’a plu dans le projet.

Retrouver Francis Auger-Pagé après Fleur de peau

Mon lien avec Francis ne commençait pas avec Canal 13. Nous avions déjà travaillé ensemble sur Fleur de peau, où j’interprétais l’assistant d’un producteur de cinéma. Francis y travaillait à la direction photo et j’y avais aussi rencontré Charles Labrie.

Francis avait aimé ce que j’avais fait avec ce personnage volontairement caricatural et plutôt douteux. Quand il m’a proposé Gérald pour son nouveau court-métrage, j’ai donc accepté avec beaucoup de plaisir. J’aimais l’idée de retrouver cette équipe dans un registre complètement différent, mais avec la même envie de jouer et de fabriquer quelque chose ensemble.

Gérald, un reporter très particulier

Dans le scénario, Gérald Tremblay est le visage très propre sur lui de Canal 13, « la chaîne qui vous dit de quoi demain sera fait ». Costume, cravate, ton posé : il a toutes les apparences du présentateur rassurant.

Le problème, c’est que les nouvelles qu’il annonce ne sont pas exactement celles qu’on aimerait entendre. Avec Patricia, la journaliste sur le terrain, il présente des événements qui ne se sont pas encore produits — notamment le sort très précis qui attend un certain Franck Dumas.

Pour moi, le plaisir du rôle était dans ce contraste : rester crédible comme lecteur de nouvelles tout en laissant progressivement apparaître quelque chose de plus étrange, presque inquiétant. Gérald devait sourire comme quelqu’un qui maîtrise parfaitement son bulletin… peut-être un peu trop parfaitement.

Le nombre 13 comme point de départ

Le thème du Nikon Film Festival cette année-là était le nombre 13, et Emmanuel Degryse l’a intégré directement au cœur du concept plutôt que d’en faire un simple clin d’œil. Le titre, la chaîne de télévision et toute l’ambiance du film reposent sur cette idée de mauvais présage.

J’aime beaucoup ce genre de contrainte créative. Quand on dispose de très peu de temps, le concept doit être compris presque immédiatement. Ici, un homme tombe sur une chaîne qui semble connaître son avenir. À partir de là, chaque seconde compte : on installe la situation, on fait monter la tension et on laisse l’humour noir faire son travail.

Un humour noir qui tient sur une idée simple

Le scénario commence presque banalement. Franck, interprété par James Daponte, zappe devant sa télévision jusqu’à tomber sur Canal 13. Gérald passe ensuite la parole à Patricia, jouée par Claudia Nicole-Benko, qui se trouve devant chez lui et annonce avec un calme professionnel qu’il va mourir quelques minutes plus tard.

La mécanique devient rapidement un mélange de suspense et d’absurde : une sonnette, un colis, un accident improbable, puis ce bulletin qui continue comme si tout cela était parfaitement normal. C’est précisément le genre d’humour que j’aime jouer, parce qu’il fonctionne mieux quand les personnages, eux, ne cherchent pas à être drôles.

Du froid, de la rue et un faux bulletin de nouvelles

Les souvenirs visuels du tournage résument assez bien le contraste du projet. Une partie de l’équipe travaillait dehors, de nuit, dans un quartier enneigé, avec la caméra installée directement dans la rue. Ailleurs, on fabriquait l’univers télévisuel du film devant un écran vert, avec micro, costume et éclairage de plateau.

De mon côté, Gérald avait droit à une allure impossible à manquer : costume jaune éclatant, cravate, micro-cravate et sérieux de lecteur de nouvelles. C’était un costume qui faisait déjà une partie du travail avant même que j’ouvre la bouche. Il fallait ensuite trouver le bon équilibre entre l’assurance du présentateur et le léger malaise qui s’installe derrière son sourire.

Une belle gang devant et derrière la caméra

Un court-métrage aussi bref repose énormément sur la précision de toute l’équipe. Francis Auger-Pagé était à la réalisation, Emmanuel Degryse au scénario, Charles J. Labrie à la photographie et Walter E. Gomez au montage. Maria Rachelle D’Amour signait les costumes.

Devant la caméra, j’ai eu le plaisir de partager le projet avec James Daponte, Claudia Nicole-Benko et Myles Stuart. Même lorsque nous n’étions pas tous réunis dans la même scène, chacun contribuait à donner au film son ton particulier.

J’ai surtout le souvenir d’une belle gang, généreuse et concentrée, capable de travailler sérieusement sans rendre le plateau lourd. C’est une qualité que j’apprécie énormément sur un tournage.

Retrouver le plaisir de jouer ensemble

Ce qui m’avait marqué avec Francis et Charles sur Fleur de peau, c’était déjà cette impression qu’on pouvait faire un travail rigoureux sans perdre le plaisir d’être là. Canal 13 a prolongé exactement ce sentiment.

Il y avait des ajustements techniques, des prises à refaire, le froid, les contraintes d’un petit tournage indépendant et la nécessité d’être efficace. Mais il y avait aussi beaucoup de bonne humeur. Pour moi, cette combinaison est précieuse : une équipe qui sait ce qu’elle veut faire, mais qui garde suffisamment de légèreté pour que les idées circulent et que les acteurs puissent jouer.

C’est souvent dans ce genre de contexte que je me sens le plus libre de proposer quelque chose.

Quand un petit projet continue sa route

À l’origine, Canal 13 avait été conçu pour le Nikon Film Festival 2022-2023. Le film a ensuite continué son chemin et a notamment été présenté à Fantasia en 2024.

J’aime quand un projet fait ce genre de parcours. Sur le plateau, on pense d’abord à la scène devant soi, au cadre, au rythme, à la prochaine prise. On ne sait pas toujours où le film ira ensuite. Voir un court-métrage indépendant trouver de nouveaux écrans après sa première raison d’être donne une deuxième vie au travail de toute l’équipe.

Ce que je retiens de Canal 13

Avec le recul, ce que je retiens surtout de Canal 13, c’est la continuité humaine derrière le projet. Un tournage mène à une rencontre, une rencontre à une nouvelle collaboration, puis cette collaboration ouvre encore d’autres portes.

Francis m’avait vu jouer l’Assistant dans Fleur de peau. Quelque temps plus tard, il m’offrait Gérald : un présentateur impeccable, souriant et suffisamment inquiétant pour annoncer l’avenir comme s’il lisait la météo.

Le film est court. Le souvenir du tournage, lui, est beaucoup plus long. Et chaque fois que je revois ce costume jaune ou les photos de l’équipe dans la neige, je repense surtout au plaisir d’avoir fabriqué cette petite étrangeté avec une gang que j’étais vraiment heureux de retrouver.

D’autres projets auxquels j’ai participé

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Canal 13 : les nouvelles de demain

Pour Canal 13, Francis Auger-Pagé m’a invité à incarner Gérald, un présentateur de nouvelles qui a quelque chose de franchement particulier. Le film, écrit par Emmanuel Degryse, a été créé pour l’édition 2022-2023 du Nikon Film Festival, dont le thème était le nombre 13.

Le défi était simple sur papier : raconter une histoire complète en à peine 2 minutes 20. En pratique, ça demandait une idée forte, un ton immédiatement reconnaissable et une équipe capable d’aller droit au but. C’est exactement ce qui m’a plu dans le projet.

Retrouver Francis Auger-Pagé après Fleur de peau

Mon lien avec Francis ne commençait pas avec Canal 13. Nous avions déjà travaillé ensemble sur Fleur de peau, où j’interprétais l’assistant d’un producteur de cinéma. Francis y travaillait à la direction photo et j’y avais aussi rencontré Charles Labrie.

Francis avait aimé ce que j’avais fait avec ce personnage volontairement caricatural et plutôt douteux. Quand il m’a proposé Gérald pour son nouveau court-métrage, j’ai donc accepté avec beaucoup de plaisir. J’aimais l’idée de retrouver cette équipe dans un registre complètement différent, mais avec la même envie de jouer et de fabriquer quelque chose ensemble.

Gérald, un reporter très particulier

Dans le scénario, Gérald Tremblay est le visage très propre sur lui de Canal 13, « la chaîne qui vous dit de quoi demain sera fait ». Costume, cravate, ton posé : il a toutes les apparences du présentateur rassurant.

Le problème, c’est que les nouvelles qu’il annonce ne sont pas exactement celles qu’on aimerait entendre. Avec Patricia, la journaliste sur le terrain, il présente des événements qui ne se sont pas encore produits — notamment le sort très précis qui attend un certain Franck Dumas.

Pour moi, le plaisir du rôle était dans ce contraste : rester crédible comme lecteur de nouvelles tout en laissant progressivement apparaître quelque chose de plus étrange, presque inquiétant. Gérald devait sourire comme quelqu’un qui maîtrise parfaitement son bulletin… peut-être un peu trop parfaitement.

Le nombre 13 comme point de départ

Le thème du Nikon Film Festival cette année-là était le nombre 13, et Emmanuel Degryse l’a intégré directement au cœur du concept plutôt que d’en faire un simple clin d’œil. Le titre, la chaîne de télévision et toute l’ambiance du film reposent sur cette idée de mauvais présage.

J’aime beaucoup ce genre de contrainte créative. Quand on dispose de très peu de temps, le concept doit être compris presque immédiatement. Ici, un homme tombe sur une chaîne qui semble connaître son avenir. À partir de là, chaque seconde compte : on installe la situation, on fait monter la tension et on laisse l’humour noir faire son travail.

Un humour noir qui tient sur une idée simple

Le scénario commence presque banalement. Franck, interprété par James Daponte, zappe devant sa télévision jusqu’à tomber sur Canal 13. Gérald passe ensuite la parole à Patricia, jouée par Claudia Nicole-Benko, qui se trouve devant chez lui et annonce avec un calme professionnel qu’il va mourir quelques minutes plus tard.

La mécanique devient rapidement un mélange de suspense et d’absurde : une sonnette, un colis, un accident improbable, puis ce bulletin qui continue comme si tout cela était parfaitement normal. C’est précisément le genre d’humour que j’aime jouer, parce qu’il fonctionne mieux quand les personnages, eux, ne cherchent pas à être drôles.

Du froid, de la rue et un faux bulletin de nouvelles

Les souvenirs visuels du tournage résument assez bien le contraste du projet. Une partie de l’équipe travaillait dehors, de nuit, dans un quartier enneigé, avec la caméra installée directement dans la rue. Ailleurs, on fabriquait l’univers télévisuel du film devant un écran vert, avec micro, costume et éclairage de plateau.

De mon côté, Gérald avait droit à une allure impossible à manquer : costume jaune éclatant, cravate, micro-cravate et sérieux de lecteur de nouvelles. C’était un costume qui faisait déjà une partie du travail avant même que j’ouvre la bouche. Il fallait ensuite trouver le bon équilibre entre l’assurance du présentateur et le léger malaise qui s’installe derrière son sourire.

Une belle gang devant et derrière la caméra

Un court-métrage aussi bref repose énormément sur la précision de toute l’équipe. Francis Auger-Pagé était à la réalisation, Emmanuel Degryse au scénario, Charles J. Labrie à la photographie et Walter E. Gomez au montage. Maria Rachelle D’Amour signait les costumes.

Devant la caméra, j’ai eu le plaisir de partager le projet avec James Daponte, Claudia Nicole-Benko et Myles Stuart. Même lorsque nous n’étions pas tous réunis dans la même scène, chacun contribuait à donner au film son ton particulier.

J’ai surtout le souvenir d’une belle gang, généreuse et concentrée, capable de travailler sérieusement sans rendre le plateau lourd. C’est une qualité que j’apprécie énormément sur un tournage.

Retrouver le plaisir de jouer ensemble

Ce qui m’avait marqué avec Francis et Charles sur Fleur de peau, c’était déjà cette impression qu’on pouvait faire un travail rigoureux sans perdre le plaisir d’être là. Canal 13 a prolongé exactement ce sentiment.

Il y avait des ajustements techniques, des prises à refaire, le froid, les contraintes d’un petit tournage indépendant et la nécessité d’être efficace. Mais il y avait aussi beaucoup de bonne humeur. Pour moi, cette combinaison est précieuse : une équipe qui sait ce qu’elle veut faire, mais qui garde suffisamment de légèreté pour que les idées circulent et que les acteurs puissent jouer.

C’est souvent dans ce genre de contexte que je me sens le plus libre de proposer quelque chose.

Quand un petit projet continue sa route

À l’origine, Canal 13 avait été conçu pour le Nikon Film Festival 2022-2023. Le film a ensuite continué son chemin et a notamment été présenté à Fantasia en 2024.

J’aime quand un projet fait ce genre de parcours. Sur le plateau, on pense d’abord à la scène devant soi, au cadre, au rythme, à la prochaine prise. On ne sait pas toujours où le film ira ensuite. Voir un court-métrage indépendant trouver de nouveaux écrans après sa première raison d’être donne une deuxième vie au travail de toute l’équipe.

Ce que je retiens de Canal 13

Avec le recul, ce que je retiens surtout de Canal 13, c’est la continuité humaine derrière le projet. Un tournage mène à une rencontre, une rencontre à une nouvelle collaboration, puis cette collaboration ouvre encore d’autres portes.

Francis m’avait vu jouer l’Assistant dans Fleur de peau. Quelque temps plus tard, il m’offrait Gérald : un présentateur impeccable, souriant et suffisamment inquiétant pour annoncer l’avenir comme s’il lisait la météo.

Le film est court. Le souvenir du tournage, lui, est beaucoup plus long. Et chaque fois que je revois ce costume jaune ou les photos de l’équipe dans la neige, je repense surtout au plaisir d’avoir fabriqué cette petite étrangeté avec une gang que j’étais vraiment heureux de retrouver.

D’autres projets auxquels j’ai participé

2026-08-21T17:53:07-04:00
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