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Martin Blais
Nouvelles

D’acteur à auteur

Mon livre a été publié le 11 août 2025.

Une question devenue urgente

À l’heure où l’intelligence artificielle peut composer de la musique qui nous émeut, assister des médecins dans l’analyse de maladies complexes et écrire des textes qui semblent parfois nés d’une sensibilité humaine, une question m’a frappé de plein fouet : que reste-t-il d’humain quand la machine peut accomplir tant de choses, sauf exister?

Cette question n’était pas une abstraction. Elle représentait pour moi l’un des vertiges de notre époque. Et c’est elle qui m’a poussé à écrire Le Souffle de la Machine.

Un souffle, une forêt, une bascule intérieure

Ce livre n’est pas né d’un concept marketing ni d’une analyse technique. Il est né d’un silence. D’une respiration profonde. D’une expérience transformatrice vécue dans une forêt des Cantons-de-l’Est, lors d’une retraite où j’ai littéralement vu se dissoudre ce que je croyais être « moi ».

Je suis acteur. Je cherche toujours à mieux jouer. Mais ce jour-là, j’ai arrêté de performer. J’ai laissé tomber les rôles. Et une question viscérale est apparue, dans toute sa nudité : au-delà du faire… qu’est-ce qu’être?

Ce souffle retrouvé, cette présence sans masque, m’a bouleversé. Il m’a rappelé que, dans un monde de plus en plus obsédé par la performance, l’efficacité et la production, l’intériorité demeure un territoire profondément humain.

La machine fait. L’humain est.

Ce que j’ai vécu ce jour-là est devenu le fil conducteur de Le Souffle de la Machine. Une ligne de fracture entre deux dimensions : le faire spectaculaire de la machine et l’être insaisissable de la conscience humaine.

À travers les pages, j’explore ce contraste à la fois philosophique, technologique et existentiel. J’y examine les prouesses de l’IA non pour les rejeter, mais pour mieux comprendre ce qu’elles nous obligent à questionner : la subjectivité, l’intention, le sens, la responsabilité et la conscience.

Des mots sans auteur, des émotions sans cœur

J’ai écrit ce livre parce que je voyais une confusion s’installer.

Nous pouvons être touchés par un poème généré par une intelligence artificielle, tout en oubliant qu’il n’existe aucune expérience vécue derrière ces mots. La machine produit une forme capable de provoquer quelque chose en nous, mais elle ne ressent pas ce qu’elle exprime.

Nous pouvons également nous attacher à des chatbots capables de reproduire remarquablement bien les codes de l’empathie. Ils peuvent nous répondre, nous rassurer, parfois même nous aider à mettre de l’ordre dans nos pensées. Mais cette capacité à refléter nos émotions ne signifie pas qu’ils les éprouvent.

La machine peut produire l’illusion d’une présence. Elle peut imiter certaines manifestations de la créativité, de l’émotion ou du raisonnement. Mais elle ne pleure pas de joie. Elle ne rêve pas. Elle ne connaît pas la peur de perdre quelqu’un. Et elle ne porte pas la responsabilité consciente de ses choix.

Un manifeste pour l’être

Le Souffle de la Machine n’est pas un réquisitoire contre la technologie. C’est un appel.

Un appel à ne pas nous laisser hypnotiser par le spectacle du faire. Un rappel que la conscience, la présence et la responsabilité ne devraient pas être déléguées simplement parce qu’une technologie peut accomplir certaines tâches plus rapidement ou plus efficacement que nous.

Dans le livre, je partage notamment l’exemple d’un ami proche, un entrepreneur qui utilise l’intelligence artificielle pour libérer son temps — mais pas pour fuir sa vie. Il s’en sert pour créer, réfléchir et automatiser certaines tâches afin de pouvoir être davantage présent ailleurs.

Cette idée me semble aujourd’hui encore plus pertinente : la technologie peut nous permettre de faire davantage, mais la véritable question demeure ce que nous choisissons de faire du temps, de l’attention et de la liberté qu’elle nous rend.

C’est peut-être là qu’une coexistence lucide devient possible.

Pourquoi j’ai écrit ce livre

J’ai écrit Le Souffle de la Machine parce que je ne pouvais plus ignorer cette question.

Parce que la fascination que j’éprouvais — et que j’éprouve toujours — pour l’intelligence artificielle devait être confrontée à l’expérience la plus intime que j’avais vécue : celle du souffle, celle de la présence, celle de l’être.

Parce que je crois que notre époque a besoin de plus que de solutions techniques.

Elle a besoin de présence.
De discernement.
De poésie.
D’humanité.

Et parce que, face à une machine capable d’accomplir toujours davantage de choses, il reste à l’humain ce fragile mais inimitable art d’être.

Une invitation

Le Souffle de la Machine est maintenant publié et disponible.

Ce n’est pas un manuel. Ce n’est pas non plus une tentative de prédire l’avenir de l’intelligence artificielle.

C’est une conversation.

Une invitation à penser autrement notre rapport à la technologie, à ralentir suffisamment pour ressentir ce qui se passe en nous et à redevenir conscients de ce que signifie vivre, ici, maintenant.

À propos de moi

Je suis comédien. Depuis toujours, ce qui m’attire, ce n’est pas seulement le rôle à jouer, mais ce qu’il révèle. Ce qu’il y a derrière les gestes et les mots. J’essaie de toucher à ce qui anime, à ce qui respire derrière les apparences — ce souffle discret qu’on sent parfois entre deux silences.

Avec le temps, mon chemin artistique s’est élargi vers une quête plus intérieure. J’ai exploré l’hypnose régressive (QHHT), le Reiki, la méditation Vipassana, la méthode Wim Hof, le jeûne, les arts martiaux… non pour chercher ailleurs, mais pour revenir à ce qui est là. À cette frontière entre le corps et la conscience, entre la présence et la perception.

Le Souffle de la Machine est né d’un bouleversement intime. Une expérience de dissolution qui a profondément transformé ma manière de voir le monde et de me situer en tant qu’être humain.

Ce livre ne cherche pas à s’opposer à la technologie. Il pose plutôt une question essentielle : que reste-t-il de nous quand la machine peut accomplir presque tout ce que nous pensions autrefois exclusivement humain, sauf faire l’expérience d’exister?

C’est une invitation à revenir vers ce qui se trouve derrière la performance et les apparences : la conscience qui ressent, le regard qui choisit, la responsabilité qui engage — et le souffle qui relie.

Illustration du chapitre 7 de Le Souffle de la Machine