Article 18 : Le guide des plateformes de casting au Canada : avec focus Québec et Colombie-Britannique
Après avoir regardé Casting Networks, Casting Workbook — aujourd’hui theWorkbook — et Actors Access séparément, il est utile de prendre un peu de hauteur.
Le marché canadien ne fonctionne pas autour d’une plateforme unique.
Selon votre ville, votre langue, votre statut syndical, votre représentation et le type de projet recherché, les auditions peuvent circuler par des canaux très différents.
Le but n’est donc pas d’ouvrir un compte partout.
Le but est de comprendre où se trouve réellement votre marché.
Les trois grandes plateformes à connaître
Pour le cinéma, la télévision, la publicité et une partie des nouveaux médias, trois noms reviennent régulièrement au Canada : theWorkbook (anciennement Casting Workbook), Casting Networks et Actors Access / Breakdown Services.
theWorkbook (anciennement Casting Workbook) est profondément implanté dans l’industrie canadienne.
Casting Networks est utilisé pour différents types de projets et permet, selon le compte, des profils représentés, des auditions et des soumissions directes.
Actors Access donne accès à l’écosystème Breakdown Services et possède des régions canadiennes, notamment pour Vancouver, Toronto, l’Alberta et le Québec.
Si vous avez une représentation professionnelle, la question la plus utile reste cependant beaucoup plus simple : quelles plateformes mon agent utilise-t-il réellement pour me soumettre?
Les répertoires syndicaux comptent aussi
ACTRA maintient des outils de recherche professionnels permettant aux productions et équipes de casting de repérer des interprètes membres.
Au Québec, l’UDA possède également son Bottin des artistes.
Ces répertoires ne remplacent pas les plateformes d’audition. Ils constituent une autre couche de visibilité.
Un profil syndical incomplet ou une photo très ancienne peut donc vous rendre moins lisible même si votre agent fait parfaitement son travail.
La règle de cohérence s’applique partout : si quelqu’un cherche votre nom sur plusieurs outils, il devrait reconnaître la même personne.
Québec : un écosystème plus fragmenté
Le marché québécois francophone ne passe pas entièrement par les mêmes circuits que le Canada anglais.
Les agences et équipes de casting utilisent leurs propres réseaux, bases de données, courriels professionnels et plateformes. Certaines auditions sont publiques; d’autres ne le seront jamais.
VoilàCasting propose notamment des appels et outils destinés au marché québécois. Total Casting constitue de son côté une importante compagnie de casting et une base de talents utilisée dans plusieurs secteurs.
Il faut comprendre la différence entre une plateforme d’auto-soumission, une base de talents et une compagnie de casting.
Avoir un profil quelque part ne signifie pas que chaque rôle vous sera visible ni que vous pouvez postuler directement à tous les projets.
Pour les membres et stagiaires UDA, le Bottin mérite également d’être entretenu comme un véritable outil professionnel : photo actuelle, langues, compétences et représentation cohérentes avec le reste de votre matériel.
Le Québec anglophone : un deuxième circuit
Montréal accueille également des productions anglophones canadiennes et internationales.
C’est là que theWorkbook (anciennement Casting Workbook), Actors Access et Casting Networks peuvent devenir particulièrement importants si vous êtes bilingue et travaillez au Québec.
Un bon profil anglais, une démo anglaise facile à trouver et des renseignements précis sur votre capacité à travailler à Montréal peuvent ouvrir des occasions très différentes du marché francophone.
Cette double réalité est à la fois l’un des avantages et l’un des défis d’une carrière montréalaise.
Vous pouvez techniquement être le même interprète partout, mais le chemin par lequel le casting vous découvre n’est pas toujours le même.
Colombie-Britannique : un marché très orienté écran
Vancouver est l’un des grands centres de production audiovisuelle au Canada, avec un volume important de productions canadiennes et de productions étrangères tournées localement.
theWorkbook (anciennement Casting Workbook) et Actors Access y sont très présents, et Casting Networks est également utilisé selon les projets.
Le Vancouver Actor’s Guide demeure en plus une ressource locale connue pour certains projets étudiants, indépendants, ateliers et informations de communauté.
Cela ne signifie pas qu’une actrice ou un acteur de Montréal devrait immédiatement payer pour tous les services de Vancouver.
La question du « local hire » est déterminante.
Si vous ne pouvez pas réellement travailler comme local en Colombie-Britannique, voir une annonce ne signifie pas que votre candidature est viable sur le plan logistique.
Toronto et l’Ontario
Toronto possède lui aussi un écosystème dense : cinéma, télévision, publicité, voix, projets indépendants, agents et ACTRA Toronto.
Les trois grandes plateformes y sont pertinentes, auxquelles s’ajoutent les outils syndicaux et les circuits propres aux agences.
Si vous envisagez sérieusement un deuxième marché, étudiez ses pratiques avant de simplement ajouter la ville dans tous vos profils.
La crédibilité logistique compte autant que l’envie de travailler ailleurs.
Les projets étudiants et indépendants
Pour les interprètes qui débutent, ces projets peuvent être une excellente source d’expérience et de matériel.
Ils circulent souvent par :
- les plateformes professionnelles;
- les écoles de cinéma;
- les groupes d’interprètes et de cinéastes;
- les associations universitaires;
- des ressources régionales;
- des appels publics de compagnies de casting.
Le niveau de vérification varie beaucoup plus que sur les circuits professionnels traditionnels.
Avant d’accepter, demandez : qui produit? qui réalise? quel contrat sera utilisé? où le projet sera-t-il montré? quand recevrez-vous votre matériel? comment sont gérées les scènes d’intimité? le transport et les repas sont-ils prévus?
Un projet non rémunéré peut parfois être pertinent pour apprendre ou créer une excellente scène.
« Non rémunéré » ne devrait jamais vouloir dire « non organisé » ou « non respectueux ».
Une stratégie par niveaux
Pour éviter la dispersion, je trouve utile de penser en trois niveaux.
NIVEAU 1 : INDISPENSABLE
Les plateformes utilisées par votre agent et les profils syndicaux liés à votre statut.
NIVEAU 2 : OPPORTUNITÉS DIRECTES
Une ou deux plateformes où vous trouvez réellement des projets pertinents et où les soumissions personnelles ne créent pas de conflit avec votre représentation.
NIVEAU 3 : EXPLORATION
Ressources locales, projets étudiants, communautés, nouvelles plateformes et marchés secondaires.
Si votre temps ou votre budget sont limités, concentrez-vous d’abord sur le niveau 1.
Comment évaluer un nouveau service?
Avant de sortir votre carte de crédit :
- Y a-t-il des annonces récentes dans mon marché?
- Les productions sont-elles identifiables?
- Des professionnels reconnus l’utilisent-ils?
- Mon agent la connaît-il?
- Est-ce une base de talents, une plateforme de breakdowns ou une compagnie de casting?
- Qu’est-ce que l’abonnement me permet réellement de faire?
- Les conditions de renouvellement sont-elles claires?
Une plateforme remplie de rôles ne vous sert pas si aucun ne correspond à votre ville, votre statut ou votre profil.
Mesurez ce qui vous sert réellement
Un petit tableau peut suffire :
Plateforme | Marché | Coût | Utilisée par mon agent? | Soumission directe? | Dernière mise à jour | Résultats
Après six ou douze mois, regardez objectivement.
Si vous payez plusieurs centaines de dollars pour un service que votre agent n’utilise pas et qui ne vous montre aucun rôle pertinent, réévaluez.
À l’inverse, un compte gratuit qui vous a permis de découvrir trois auditions intéressantes mérite peut-être davantage d’attention.
N’oubliez pas le canal le plus puissant : la représentation
Les plus gros breakdowns ne sont pas tous publics.
Une partie importante du casting professionnel circule vers les agences et les interprètes sélectionnés.
Voilà pourquoi l’auto-soumission a une limite structurelle. Elle peut être excellente pour construire une carrière, trouver des projets indépendants et créer des occasions.
Elle ne remplace pas nécessairement une représentation efficace lorsque votre carrière atteint un certain niveau.
Votre objectif n’est pas seulement d’avoir accès à davantage d’annonces.
C’est d’entrer progressivement dans les bons circuits.
En résumé
Il n’existe pas de « meilleure plateforme de casting au Canada » dans l’absolu.
Il existe un ensemble d’outils correspondant à des marchés différents : theWorkbook (anciennement Casting Workbook), Casting Networks, Actors Access, répertoires syndicaux, ressources québécoises et réseaux régionaux.
La bonne stratégie consiste à être complet là où votre marché travaille réellement plutôt qu’à être incomplet partout.
Avec cet article, nous terminons la première partie de notre fondation professionnelle. Nous avons construit les outils qui permettent au milieu de nous voir.
Il faut maintenant s’assurer que ce qu’il voit repose sur un métier solide.
Article suivant : Choisir votre école d’art dramatique au Canada : comment trouver une formation qui vous convient vraiment.
Partagez cet article
Suivez moi
Un aperçu rapide des sujets abordés dans cet article.
- Les trois grandes plateformes à connaître
- Les répertoires syndicaux comptent aussi
- Québec : un écosystème plus fragmenté
- Le Québec anglophone : un deuxième circuit
- Colombie-Britannique : un marché très orienté écran
- Toronto et l’Ontario
- Les projets étudiants et indépendants
- Une stratégie par niveaux
- Comment évaluer un nouveau service?
- Mesurez ce qui vous sert réellement
- N’oubliez pas le canal le plus puissant : la représentation
- En résumé
Derniers articles de Martin Blais

Écrit par : Martin Blais
Formé à l’art d’habiter les rôles, il cherche depuis toujours à incarner ce qui se cache derrière les apparences: l’essence sous les masques, le souffle sous les mots. Sur scène comme dans la vie, il explore la frontière entre le visible et l’invisible, entre ce que l’on fait et ce que l’on est.
Au fil des ans, sa trajectoire artistique s’est enrichie d’une quête intérieure profonde. Hypnothérapeute de régression (QHHT), maître Reiki, méditant Vipassana, adepte de la méthode Wim Hof, des arts martiaux, du jeûne intermittent et de pratiques de transformation du souffle et du silence, il arpente les zones liminales entre corps et conscience, présence et perception.
Il est également auteur d’un livre qui sera bientôt publié. Le Souffle de la Machine est né d’un choc intérieur: une expérience de dissolution si radicale qu’elle a redéfini la question fondatrice de son parcours — au-delà du faire, qu’est-ce qu’être? Dans ce récit philosophique et incarné, il interroge les limites de l’intelligence artificielle, non pour la rejeter, mais pour mieux situer ce que la machine ne pourra jamais contenir: le frémissement de la conscience, le poids d’une larme, la paix d’un souffle retrouvé.










