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Martin Blais
Nouvelles

Pourquoi je médite : trouver le calme dans le tourbillon de la vie d’acteur

Comme acteur, mon esprit fait partie de mon instrument. Il retient les répliques, construit des circonstances imaginaires, anticipe les problèmes, juge la dernière prise et décide parfois de faire tout cela en même temps.

La méditation m’apprend à ne pas croire chaque pensée simplement parce qu’elle est arrivée avec assurance.

La première ouverture

Ma relation avec la méditation n’a pas commencé par une révélation spectaculaire. Elle s’est développée à travers ma rencontre avec Bhaskar Goswami et son approche de la transformation, de la conscience et de la pratique. Quelque chose dans cette rencontre a rendu le travail intérieur moins abstrait. Il ne s’agissait pas d’adopter une image spirituelle, mais de porter une attention plus fine à la vie que je vivais déjà.

Une retraite Vipassana de dix jours à Montebello, en janvier 2020, a approfondi cette exploration. Dix jours de silence et d’observation soutenue ont retiré plusieurs de mes distractions habituelles. Cela ne m’a pas transformé en personne éternellement paisible. Cela m’a montré à quelle vitesse une sensation devient une réaction, une réaction devient une histoire et une histoire devient quelque chose que je prends pour la réalité.

Vipassana : voir ce qui est là

Vipassana est souvent traduit par « voir les choses telles qu’elles sont réellement ». En pratique, cela commence très simplement : observer la respiration, les sensations corporelles, les pensées et les émotions sans s’agripper immédiatement à ce qui est agréable ni repousser ce qui ne l’est pas.

Le mot simple est important. Simple ne veut pas dire facile. Rester assis peut révéler de l’agitation, de la fatigue, de l’impatience, de la douleur et une quantité étonnante de commentaires mentaux. La pratique ne consiste pas à gagner contre tout cela. Elle consiste à remarquer le changement.

Cette expérience de l’impermanence, cette sensation est là, puis elle change; cette émotion monte, puis elle passe, est devenue l’une des leçons les plus concrètes de ma vie.

Ce que la méditation change dans mon jeu

Le jeu exige de la réceptivité. Je peux arriver avec une préparation, des objectifs et des choix, mais si je cesse de recevoir ce que mon partenaire me donne, la scène devient une démonstration plutôt qu’une rencontre.

La méditation entraîne un mouvement d’attention semblable : remarquer ce qui se passe, relâcher l’envie de le contrôler immédiatement et répondre à partir du moment présent.

Elle m’aide aussi à reconnaître la différence entre une émotion et l’idée d’une émotion. Quand j’essaie d’avoir l’air fâché, triste ou vulnérable, je suis souvent à l’extérieur de l’expérience, en train de m’observer. Quand je porte attention au souffle, aux sensations et aux circonstances, l’émotion a davantage d’espace pour apparaître sans être forcée.

Sur un plateau, la pleine conscience peut être minuscule : sentir mes pieds entre les prises, entendre la pièce plutôt que répéter mentalement le résultat que je veux obtenir, remarquer que mes épaules se sont soulevées, ou prendre une respiration sans hâte avant « action ».

Dix minutes dans un matin ordinaire

Ma pratique quotidienne dure souvent dix minutes. Je m’assois, j’établis une posture stable et je porte mon attention sur la respiration ou les sensations. L’esprit s’égare. Je le remarque. Je reviens. Ce cycle n’est pas un échec de la méditation; c’est la pratique.

Certains matins sont spacieux. D’autres sont remplis de projets, d’inquiétudes et de fragments de dialogue. J’essaie de ne pas noter la séance. Le bénéfice ne se mesure pas au nombre réduit de pensées, mais au nombre de fois où j’ai remarqué que j’avais quitté le présent et choisi d’y revenir.

Ni fuite ni remède universel

La méditation est souvent présentée comme une réponse universelle au stress, à l’anxiété, à la douleur ou à la productivité. La recherche est plus modeste. Les pratiques fondées sur la pleine conscience peuvent aider certaines personnes pour certains résultats, mais les effets varient, les méthodes diffèrent et la qualité des études est inégale.

Il est également important de dire que la méditation n’est pas automatiquement confortable ou sans risque pour tout le monde. Certaines personnes vivent une augmentation de l’anxiété, le retour de souvenirs difficiles ou des émotions déstabilisantes. Une longue retraite n’est pas simplement une version plus impressionnante de dix minutes à la maison; c’est un environnement intensif qui mérite une préparation et un soutien appropriés.

Pour moi, la méditation complète la vie et, lorsque nécessaire, les soins professionnels. Elle ne remplace ni l’un ni l’autre.

Trouver l’ancrage intérieur

L’industrie du divertissement invite constamment à la comparaison : le rôle de quelqu’un d’autre, son élan, sa reconnaissance ou ses occasions. La méditation ne fait pas disparaître ces pressions. Elle m’aide à voir quand je suis moi-même en train de les alimenter.

L’ancrage n’est pas un état permanent de calme. C’est la capacité de revenir, au souffle, aux sensations, à l’écoute et à la réalité du moment.

Ce retour est utile bien au-delà du jeu. Il crée un peu plus d’espace entre ce qui arrive et ce que je fais ensuite. Dans cet espace, le choix devient possible.

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